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Virement crypto en attente : que demander à sa banque ?

Photo du rédacteur: Mikhail Djaksigoulov
Mikhail Djaksigoulov
16 sept.
4 min de lecture

Vous avez retiré des euros d’une plateforme vers votre compte bancaire et l’argent n’est pas arrivé, ou la banque vous annonce un contrôle. Trois situations se cachent derrière le mot « en attente » : un délai normal de traitement, un examen de l’opération par la banque, ou un refus. Elles n’appellent pas la même réaction, et la décision finale appartient toujours à la banque.

1. Vérifiez d’abord où se trouve l’argent

Commencez côté plateforme. Un retrait peut encore être « en cours » chez elle, retenu par ses propres contrôles avant même d’être envoyé. Kraken, par exemple, explique qu’un retrait peut être retenu temporairement après un changement de mot de passe, en cas de nom différent entre le compte de la plateforme et le compte bancaire, ou de plafond de retrait atteint ; certaines retenues durent quelques heures, d’autres attendent l’intervention de son support. Source : Kraken.

Relevez la date et l’heure du retrait, son statut exact sur la plateforme, la référence de la transaction et l’IBAN utilisé. Si le statut indique « envoyé » ou « exécuté », l’argent a quitté la plateforme : la question passe alors à votre banque.

2. Distinguez délai, contrôle et refus

Un délai. Dans l’Union européenne, un virement en euros est en principe crédité sur le compte de la banque du bénéficiaire au plus tard à la fin du jour ouvrable suivant sa réception, un délai fixé par la directive sur les services de paiement, transposée en Belgique dans le Code de droit économique. Les week-ends, jours fériés et heures limites de traitement s’ajoutent. Au-delà de quelques jours ouvrables, ce n’est plus un simple délai. Source : directive (UE) 2015/2366, article 83.

Un contrôle. Les banques belges ont l’obligation d’examiner les opérations qui sortent du profil habituel d’un client et de se renseigner sur l’origine des fonds lorsque c’est nécessaire. Un montant important en provenance d’une plateforme crypto peut déclencher cet examen. Pendant ce temps, l’argent peut être retenu et la banque vous demande des explications ou des pièces. La même loi lui interdit de vous dire si elle a transmis une déclaration à la Cellule de traitement des informations financières : ne cherchez pas à obtenir cette information, elle ne peut pas vous la donner. Source : loi du 18 septembre 2017 relative à la prévention du blanchiment de capitaux.

Un refus. La banque peut décider de ne pas accepter les fonds, de les renvoyer vers la plateforme ou, dans certains cas, de mettre fin à la relation. Elle n’est pas tenue de motiver en détail cette décision. Vous pouvez en revanche demander par écrit ce qui vous est reproché sur le plan documentaire et quelles pièces permettraient de rouvrir l’examen.

3. Posez cinq questions précises à votre banque

Un échange écrit vaut mieux qu’un appel oublié. Demandez :

  • le statut exact de l’opération : en cours d’exécution, en examen, ou refusée ;

  • la liste des documents et le format attendus, avec la date limite de réponse ;

  • le canal sécurisé pour transmettre des pièces personnelles ;

  • le service et la personne qui suivent votre dossier ;

  • ce qu’il advient des fonds si le dossier n’est pas accepté : retour à la plateforme, maintien sur un compte bloqué, autre.

Notez chaque réponse avec sa date. Si la banque répond qu’aucune information ne peut être donnée, demandez au moins la liste des pièces : elle relève de la relation client, pas du secret de l’enquête.

4. Fournissez ce qui explique l’opération, pas seulement le solde

Le contrôle porte sur le lien entre l’argent investi au départ, les opérations réalisées et le montant qui arrive. Le relevé de la plateforme montrant le retrait ne suffit généralement pas à lui seul. Les pièces utiles sont celles qui reconstituent ce parcours : justificatif de la mise de départ, exports de transactions, relevés d’identification de vos comptes sur les plateformes, virements entre votre banque et les plateformes, chronologie datée.

La préparation de ces documents fait l’objet d’un guide séparé : comment justifier vos fonds crypto. Ne transmettez jamais de clé privée, de phrase de récupération ou de mot de passe : ce ne sont pas des justificatifs.

5. Ce qu’il vaut mieux éviter

Fractionner un retrait en plusieurs petits virements, passer par le compte d’un proche ou changer de banque sans répondre à la demande en cours : ces réactions n’accélèrent rien et peuvent aggraver la lecture de votre dossier. Répondez à la demande reçue, dans le délai indiqué, avec des pièces cohérentes entre elles.

Si la banque ne répond pas dans un délai raisonnable ou si vous contestez une décision, adressez d’abord une plainte écrite à son service de plaintes ; il est attendu qu’il réponde dans les 30 jours. Sans réponse satisfaisante, Ombudsfin, le service de médiation des services financiers, peut être saisi gratuitement par un particulier, dans l’année qui suit la plainte adressée à la banque. Source : Ombudsfin.

Un rapport pour répondre à la banque

Coinpliance analyse vos historiques et prépare un rapport sur l’origine et le parcours de vos fonds, destiné à vos échanges avec la banque, en Belgique et à l’international. Le rapport organise les faits et les pièces ; il ne se substitue pas à la décision de l’établissement et ne garantit ni déblocage ni acceptation.

Sources consultées le 16 septembre 2026 : Kraken, directive (UE) 2015/2366, loi belge du 18 septembre 2017, Ombudsfin, liées au passage correspondant.

 
 
 

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